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Visiter Sassandra : le joyau oublié de l’ouest ivoirien

Sassandra est une ville côtière située à presque 300 km d’Abidjan. Bourgade discrète qui ne fait guère parler d’elle. Après une longue période de prospérité, elle a entamé son déclin dans les années 50 et semble désormais plongée dans une profonde léthargie. Seul son vieux wharf, qui part en lambeaux, continue à défier l’océan.

Sassandra Wharf

Le Wharf de Sassandra

 

Visiter Sassandra ne faisait donc pas partie de mes priorités. J’avais relégué cette ville, bien trop difficile d’accès à mon goût, aux « visites à faire plus tard ». Mais « plus tard » est heureusement venu. Des photos de plages désertes et sauvages avaient fini par me convaincre de partir explorer cette région de la Côte d’Ivoire. Et par chance, au moment même où la route côtière a été (légèrement) réhabilitée. En tout cas, suffisamment pour nous permettre d’arriver à Sassandra en 4h30 de route (au lieu de 6/7h précédemment) sans encombre (autrement dit sans pneu crevé ni casse sur la voiture). Une aubaine pour cette petite ville tranquille et endormie mais au potentiel touristique immense.

Sassandra plage Drewin Sassandra port Fanti

 

Sassandra, la ville de San Andrea

Sassandra fut autrefois une ville dynamique et prospère dont la situation géographique et l’absence de barre amenèrent les Portugais à en faire leur premier point d’ancrage dans la région au XVe siècle. En 1471, deux navigateurs, Joao de Santarem et Pedro de Escobar, atteignirent une rivière à laquelle ils donnèrent le nom de San Andréa (nom du saint patronnant le jour de la découverte) ainsi qu’au village situé à son embouchure. Ce nom sera ensuite déformé en Sassandra.

Ils furent rejoints à la fin du XVIe siècle par les Hollandais et les Danois puis au XVIIe siècle par les Français et les Anglais. D’où la présence de nombreux vestiges coloniaux dans la ville.

Après la seconde guerre mondiale, Sassandra était le port le plus actif de Côte d’Ivoire et le poumon économique du pays. Alors que Grand-Bassam et Port-Bouët avaient désarmé leurs installations portuaires en attendant l’ouverture du canal de Vridi, le port de Sassandra était en plein essor, au service des grandes maisons commerciales et des exploitations agricoles.

Il était même prévu de construire un port en eau profonde pour profiter de la rade exceptionnelle qu’offre la baie. Mais ce projet ne vit jamais le jour. Et le destin de Sassandra s’en trouva tout chamboulé. L’ouverture du canal de Vridi à Abidjan en 1950 puis la création du port de San Pedro dans les années 1970 scellèrent définitivement son sort. Son imposant wharf fut fermé en 1972.

Source : article de Fraternité Matin https://www.fratmat.info/article/83445/63/sassandra-un-joyau-de-la-nature

 

Sassandra, la belle oubliée

Sassandra sombra progressivement dans l’oubli. Aujourd’hui, elle ressemble à un grand village de pêcheurs qui vit au rythme du va-et-vient des pirogues ghanéennes. On a l’impression que rien ne s’y passe en dehors de l’arrivée du poissons frais. Ah si, un nouveau marché couvert (totalement excentré) a fait son apparition … Des projets de développement sont en cours. Et mi-février 2020, le Premier Ministre de Côte d’Ivoire a fait le déplacement jusqu’à Sassandra pour, sans doute, promettre des tas de choses aux habitants de la région.

Je suis arrivée à Sassandra alors que les membres du gouvernement repartaient. La ville était encore parée de ses plus beaux atours : drapeaux ivoiriens flottant tout le long de l’artère principale, banderole souhaitant « Akwaba » au Premier Ministre, habitants élégants portant le pagne de leur village et/ou arborant fièrement le t-shirt offert par les autorités … Pendant deux jours, le cœur de la ville a battu au rythme des meeting politiques et festivités. Puis Sassandra a retrouvé sa nonchalante tranquillité.

Sassandra Habitants

En espérant peut-être que la région ne soit plus laissée pour compte et que la réhabilitation de la route côtière marque le début d’une nouvelle ère … une ère qui j’espère laissera surtout la place à l’éco-tourisme de se développer dans le respect de l’environnement et des populations locales.

Enfin, quoi qu’il arrive, je me sens particulièrement chanceuse : chanceuse car je fais partie des « happy few » qui ont pu admirer Sassandra, la sauvage et confidentielle ville balnéaire de Côte d’Ivoire ! Car dans son malheur, la Belle-aux-Cocotiers-Dormants est restée une destination d’exception préservée de tout développement anarchique.

 

Sassandra, l’autre joyau colonial de Côte d’ivoire

Moins connue et moins fréquentée que Grand-Bassam, la ville Sassandra n’en est pas moins un des joyaux du patrimoine colonial de Côte d’Ivoire. La présence successive des Portugais, Hollandais, Danois, Anglais et Français a laissé des traces.

Le bâtiment phare de cet héritage colonial est sans aucun doute la Maison du Gouverneur, construit en 1893 et devenu résidence du Commandant du Cercle deux ans plus tard. Perché sur un promontoire rocheux, elle surplombe la baie et l’embouchure du fleuve. La vue depuis sa terrasse est à couper le souffle. En revanche, cette bâtisse est dans un tel état de vétusté qu’on se demande comment elle tient encore debout ! Les jardins du palais, logés à la même enseigne, sont abandonnés à leur triste sort.

Sassandra Maison Gouverneur

Sassandra Maison Gouverneur ruines

Sassandra Maison Gouverneur

Les moyens font défaut pour restaurer le patrimoine certes mais ne serait-il pas possible d’entretenir les extérieurs à coups de machette ? Cela rendrait le palais bien plus facile d’accès. J’ai aussi entendu parler d’un projet de démolition et reconstruction à neuf mais je n’y crois pas trop …

D’autres bâtisses en ruine, construites en bord de mer, entourent la Maison du Gouverneur : l’ancienne prison, les bureaux administratifs. Toutes décrépies et envahies par la nature. Ce qui leur confère un charme particulier qui me touche beaucoup. Mais en les admirant, on a bien du mal à imaginer à quoi elles ressemblaient il y a 100 ans. Je ne sais pas s’il existe des images d’archives quelque part ???

 

Le mémorial du S.S. Dumana  

Pour vous rendre à pied jusqu’à la Maison du Gouverneur, vous pouvez soit passer par la plage, et en profiter pour admirer le Wharf, soit par la rue. Si vous empruntez ce chemin, vous passerez devant le mémorial des victimes du naufrage du S.S. Dumana, un navire britannique torpillé aux larges de Sassandra par les Allemands le 25 décembre 1943.

 Sassandra Mémorial

Le quartier colonial 

En continuant jusqu’à l’ancien bâtiment de la Banque d’Afrique de l’Ouest (faufilez-vous à l’intérieur pour jeter un oeil aux anciens coffres forts toujours intacts), prenez à gauche et enfoncez-vous dans le tout premier quartier de la ville. Vous découvrirez non seulement des vestiges de l’époque coloniale (entrepôts de la CFAO, premier cinéma de la ville, hangar à cacao …) mais aussi le port Fanti, ses centaines de pirogues polychromes, les pêcheurs réparant leurs filets et les femmes préparant le poisson. Un spectacle somptueux dont je ne me lasse pas en Côte d’Ivoire.

Sassandra BAO

L’ancienne banque d’Afrique de l’ouest et son coffre blindé.

Sassandra quartier colonial

Les anciens entrepôts de marchandises de la Compagnie Française d’Afrique de l’Ouest (CFAO).

 Sassandra vieux quartier

La parade nautique et les singes de la forêt sacrée

Si vous souhaitez assister au spectacle insolite du « retour de la pêche », rendez-vous à l’hôtel La Terrasse de bon matin. Des hauteurs de la ville, vous pourrez embrasser d’un regard toute la baie et voir arriver des dizaines d’embarcations chargées de poissons.  Les hommes, partis en mer toute la nuit, reviennent victorieux, accueillis par une foule en liesse. Les jeunes plongent dans la mer et rejoignent les bateaux à la nage pour participer au déchargement tandis que les femmes guettent, sur le sable, l’arrivée de la marchandise. Une scène de la vie quotidienne à Sassandra digne des plus belles parades nautiques.

Sassandra parade nautique

Avant d’aller à la Terrasse, pensez à acheter quelques bananes pour nourrir les petits singes qui vivent dans la forêt sacrée qui entoure l’hôtel. Un must-do avec les enfants.

Sassandra Singes

 

De Sassandra à Drewin, l’étape ultime sur la route des esclaves

Sassandra fut un haut-lieu de l’esclavage, une des dernières étapes de la route des esclaves de la côte. Quelques vestiges témoignent de cette époque.

En contrebas de la Maison du Gouverneur se trouve l’ancien marché aux esclaves (désormais un potager pour les employés de la prison qui vivent à côté). Les marchands d’esclaves y mettaient en vente aux enchères leurs « marchandises » pour les commerçants européens. Une fois vendus, les esclaves étaient enfermés et enchaînés dans une cave dans l’attente de leur départ sans retour pour les Amériques. Des tunnels auraient été construits pour les acheminer en toute discrétion vers les navires négriers. A côte de la plage de Drewin, on peut voir l’une de ces caves au bout de laquelle se trouve une dalle en ciment bouchant un « tunnel de la honte ».

Sassandra Tunel Drewin

A propos de la route des esclaves ivoiriennes : une stèle commémorative a été installée à Kanga Nianzé, près de Tiassalé. Au-delà de ce monument, il est aussi question de créer une vraie route des esclaves (comme à Ouidah au Bénin par exemple) en Côte d’Ivoire. Le projet avance-t-il ? Il semble déjà compliqué de trouver la stèle qui se trouve à N’Douci et qui n’est pas indiquée. Si vous avez des infos, ça m’intéresse !

 

Au fil de l’eau sur le fleuve Sassandra

Sassandra est aussi, et avant tout, un joyau de la nature. Baignée par les eaux de l’océan Atlantique, ses plages sont parmi les plus belles de Côte d’Ivoire et du Golfe de Guinée. Et le fleuve, qui porte aussi son nom et se jette dans l’océan au pied de la Maison du Gouverneur, est également une merveille.

Sassandra fleuve Sassandra fleuve

Le meilleur moyen de l’explorer est de partir en balade à bord d’une petite pirogue en bois (qui prend l’eau évidemment…). Avec un peu de chance, vous apercevrez des hippopotames. Après 3 heures de navigation, nous avons fini par en trouver un. L’honneur était sauf !

Sassandra hippos

Le célèbre pont Weygand

Un peu plus en amont du fleuve, ne manquez pas le magnifique pont Weygand. Ce pont est une des curiosités de la région. Construit dans les années 40, il relie les berges du fleuve à environ 15km de Sassandra. Piétons, vélos, motos et petites voitures circulent toute la journée sur cet ouvrage magistral (en revanche les 4×4 ne passent pas, le pont étant trop étroit). N’hésitez pas à emprunter le pont à pied, la vue sur le fleuve et le parc national du Gaoulou est magnifique, en particulier en fin de journée au soleil couchant qui fait ressortir les teintes ocres de la construction et son reflet dans l’eau. Mais attention, quelques morceaux de rambarde se sont effondrés suite à des accidents (et bien sûr n’ont pas été reconstruits). Soyez donc prudent !

Sassandra pont Weygand

L’île de Gaoulou

Pour admirer le pont Weygand dans toute sa grandeur, faites un stop au village de Gaoulou, en direction de Lakota. Profitez-en aussi pour trouver un guide qui vous mènera sur l’île de Gaoulou. Cette petite île, accessible en pirogue (5 minutes de traversée) est couverte d’une forêt primaire. On peut y observer quelques espèces végétales endémiques, des papillons, des oiseaux et surtout si vous êtes très très chanceux des lamantins et des hippopotames nains qui barbotent autour de l’île. Malheureusement, nous n’avons rien vu de tout cela. Notre guide était sans doute un peu trop aviné (de palme) pour nous emmener au bon endroit 🙁 Plus insolite, on trouve aussi sur l’île les ruines d’un ancien complexe touristique abandonné depuis près de 20 ans. Je serais curieuse d’échanger avec quelqu’un ayant déjà séjourné dans ce campement …

Sassandra île Gaolou

 

Pour résumer, à voir et à faire à Sassandra

  • Les vestiges coloniaux de la vieille ville
  • Le port Fanti de pêche artisanale
  • Le Wharf
  • Le mémorial du S.S. Dumana
  • L’embouchure du fleuve (vous pouvez y apercevoir des lamantins à marée montante)
  • L’église catholique Saint André
  • Le nouveau marché
  • Les petits singes de la forêt sacrée qui surplombe la baie (hôtel la Terrasse)

A voir et à faire aux alentours de Sassandra

  • Les plages paradisiaques (Drewin, Pauly, Niéga …)
  • Le tunnel des esclaves de Drewin
  • L’île du Gaoulou et sa fôret primaire
  • Le pont Weygand
  • Le fleuve Sassandra (balade en pirogue)
  • Les villages de pêcheurs de Brodje (pas eu le temps d’y aller …)

 

Sassandra plage Pauly

Lors de mon séjour, j’ai aussi la chance d’être accueillie, avec une amie, dans un petit village près de la plage de Pauly Rock par une troupe de danseurs Neyo. Nous avons assisté à un spectacle rien que pour nous, en mode VIP. Un des moments fort de notre trip à Sassandra (et de tout voyage en Côte d’Ivoire pour qui part à la découverte des danses et traditions). Quelques images de ce spectacle :

Sassandra danses Neyo

Où dormir

C’est facile, il n’y a qu’un seul hôtel !! Il s’agit du Pollet. Service basique mais correct. Chambres climatisées avec petit frigo. Terrasse avec vue mer. Possibilité de manger sur place. Chambre double : 18000 FCFA. Ajout d’un matelas supplémentaire : 3000 FCFA.

 

Où manger

  • A Sassandra même, en dehors du restaurant du Pollet, il y a de nombreux maquis sur la plage : Le Palmier, le Calao, Chez Tantie Youyou … Il est aussi possible de prendre un verre à l’hôtel La Terrasse, juste aussi du Pollet : vue exceptionnelle sur la baie !
  • Chez Jules & Cisco sur la plage de Drewin.
  • Chez Dominik sur la plage de Pauly Rock.

Conseil d’ami : il faut obligatoirement appeler avant d’aller déjeuner ou dîner (quelques jours avant même) pour réserver. Pas vraiment pour vous garantir de la place mais surtout pour vous assurer qu’il y aura bien à boire et à manger !!! Quant aux maquis de Sassandra, commandez au plus tard à 18h si vous voulez dîner vers 20h.

 

Le tourisme n’est jamais de tout repos en Côte d’Ivoire. Nous en avons fait les frais plus d’une fois à Sassandra avec des prestations de service pas vraiment à la hauteur … mais disons que cela fait partir du charme de la Côte d’Ivoire !! Alors si vous êtes prêts pour l’aventure et ne craignez pas les imprévus, foncez à Sassandra, vous ne serez pas déçus !!!

 

Enfin, à l’aller ou au retour, pourquoi ne pas profiter de votre escapade à Sassandra pour faire un stop à Grand-Lahou ou à Jacqueville ? 

 

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Sassandra Pinterest
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5 mars 2020 / by / in , , ,
Les secrets de la forêt du Banco

La forêt du Banco est l’un des 8 parcs nationaux de Côte d’ivoire. Avec ses 3438 ha, elle est l’un des plus petits (juste après le parc des îles Ehotilé) mais aussi le plus accessible puisqu’elle se situe à d’Abidjan.

Malgré cela, peu d’Abidjanais prennent le temps d’y aller. Le Banco jouit d’une mauvaise réputation :  c’est un repère de bandits habité par de mauvais esprits …

Pourtant, le parc national du Banco n’est (plus) rien de tout cela. Il est sécurisé par les agents de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves et ses habitants (il y a un village autour de l’école forestière), conscients de sa valeur, veillent aussi sur lui.

Une journée au Banco est une micro-aventure qui fait du bien ! Je vous emmène plonger dans cet univers végétal unique à Abidjan et vous révèle tous les secrets de la forêt d’Abidjan.

Banco arbres 

Et au milieu coule une rivière …

A l‘origine, une rivière qui traverse la forêt : la rivière Gbangbo qui signifie « source d’eau rafraîchissante » en langue Ebrié. Encore un mot mal prononcé par les colons qui s’est transformé en Banco et a donné son nom au parc.

La forêt du Banco est le réservoir hydraulique d’Abidjan. Elle fournit 40% de l’eau potable de la ville.

Banco bambous

 

 

Le poumon vert d’Abidjan

La forêt du Banco se situe en plein coeur d’Abidjan. Elle est bordée par les communes de Yopougon, Adjamé, Abobo et Attécoubé.

Avoir cette vaste forêt au milieu d’une métropole si polluée est une chance inouïe :  les arbres du Banco absorberaient 35000 tonnes de gaz carbonique chaque année et rejetterait 68 000 tonnes d’oxygène dans l’atmosphère. Sans eux, l’air serait irrespirable à Abidjan.

Pourtant, chaque année, la forêt est grignotée par les activités humaines et l’urbanisation anarchique des communes voisines.

De plus, j’ai récemment appris que, dans le cadre du grand chantier de construction du métro aérien, la forêt va être amputée de 25 ha. Certes, il en restera toujours 3413. Mais à l’heure du réchauffement climatique, alors que l’on sait que notre salut ne pourra venir que de la nature elle-même en plantant des millions d’arbres, comment peut-on encore prendre une telle décision ?

Une pétition vient d’être lancée pour essayer d’annuler cette décision. Si vous voulez la soutenir et la signer, c’est par ici

 

 

800 espèces végétales dans l’Arboretum du Banco

Cet espace de 12 ha a été créé en 1931. Il possède plusieurs essences en voie de disparition. Et 26 espèces déclarées rares en Afrique de l’ouest.

Le plus vieil arbre de l’Arboretum est un Aiele : il a 200 ans (le plus vieil arbre de la forêt est un Kossipo âgé de 500 ans environ ; malheureusement frappé par la foudre, il serait en train de mourir).

Banco Arboretum

A gauche, un Azobe, arbre très rouge et très dur utilisé dans le passé pour fabriquer les travers de chemins de fer. Et à droite, le fruit d’un arbre en forme de haricot, doux comme du velours et qui s’enroule sur lui-même au bout de quelques heures.

Banco Aguia

Voici un Aguia, arbre sacré dont les fruits poussent directement sur le tronc.

 

 

Une des dernières forêts primaires de Côte d’Ivoire

Le Banco dispose de 600 ha de forêt primaire c’est-à-dire « une forêt intacte (ou originelle) n’ayant jamais été détruite ni exploitée ni directement ou manifestement influencée par l’homme » (définition de Wikipedia).

La seule autre forêt primaire qui subsiste en Côte d’ivoire se trouve dans le parc du Taï.

Banco forêt primaire

Randonnée dans la forêt primaire

 

Faune et flore du Banco

Au cours d’une balade dans le parc national du Banco, vous allez croiser d’impressionnantes arches naturelles de bambous, de gigantesques fromagers, des fougères, des acajous et une multitude d’arbres dont je ne connais pas le nom !

Banco Merveilles

Le parc compte également 60 espèces animales parmi lesquelles :

  • une famille des chimpanzés, très difficile à observer, et deux autres espèces de singes : des pétauristes et des mones,
  • des guibs et des céphalophes (petites biches),
  • des reptiles dont des crocodiles nains,
  • une multitude d’oiseaux dont le calao longibande !

Sur notre chemin, nous n’avons rencontré qu’un mille-pattes et quelques papillons. Il faudra encore revenir pour essayer d’apercevoir un chimpanzé…

Banco faune

En revanche nous avons bien profité des fameux silures du Banco, poisson sacré s’il en est, aux longues moustaches et à la bouche béante.

Ces poissons d’eau douce ont l’habitude de se regrouper dans un bras de rivière, juste avant la sortie du parc au niveau de la porte de Koumassi (du côté des laveurs de vêtements).

Une caisse contenant des baguettes se trouvent à l’entrée du chemin. Servez-vous et allez jeter des morceaux de pain dans l’eau si vous souhaitez assister au spectacle… Les silures ne se font pas prier pour apparaître. Ils sont impressionnants, jusqu’à 2 mètres de long pour certains. Pour être honnête, voir ces pauvres bêtes attendre désespérément leur quignon de pain et se chevaucher les unes les autres pour être la première à l’attraper est un peu triste. Elles parviennent même à sortir de l’eau pour saisir le morceau que leur tend notre guide. Surprenant et terrifiant …

Banco silures

 

Un musée, une école et des initiatives « green » pour protéger la forêt du Banco

 

La forêt en Côte d’Ivoire s’est considérablement réduite au cours des 60 dernières années à cause de l’agriculture extensive et de l’urbanisation. Elle est passée de 16,5 millions d’hectares en 1960 à 2 millions aujourd’hui.

Plus que jamais, ce patrimoine naturel doit être protégé. D’où l’importance du parc national du Banco qui peut jouer un rôle de vitrine et de levier de sensibilisation auprès des Abidjanais. 

 

Un éco-musée pour sensibiliser les visiteurs

Le musée est installé dans l’ancienne résidence secondaire du Gouverneur Reste.

Des panneaux explicatifs et pédagogiques bordent le chemin qui y mène. Ils évoquent la flore, la biodiversité, la disparition des éléphants, les chimpanzés, …

Dans l’enceinte du musée, il y a une petite animation qui consiste à identifier des empreintes d’animaux d’Afrique … plus ludique qu’autre chose car les animaux en question n’habitent même pas dans le parc. Il y a également des squelettes de tête d’animaux, notamment celui d’un éléphant. RIP.

A l’extérieur, un parcours ludique est aménagé pour les écoliers des environs qui viennent, en sortie scolaire, visiter le parc.

Banco Eco-musée

Une école pour former les gardiens de la nature

Un bâtiment colonial abrite l’école forestière créée en 1937. A l’époque, elle formait tous les agents forestiers de l’Afrique de l’Ouest.

Aujourd’hui, elle forme les agents techniques des Eaux et Forêts qui séjournent ainsi dans le parc pendant 6 mois. 64 élèves suivraient actuellement la formation.

Banco école forestière Banco école forestière

 

Un événement artistique dans la forêt du Banco en 2019

Pour la première fois, la biennale Arts Green a été organisée au coeur de la forêt du Banco.

Le célèbre sculpteur ivoirien Jems Koko-Bi en était le directeur artistique.

Des artistes, venus du monde entier, étaient invités à créer une œuvre en utilisant uniquement des matériaux naturels (pas de fer, pas de ciment…) puis à l’installer au sein de l’Arboretum. Certaines œuvres sont encore visibles.

Banco Arts Green

En espérant que ce bel événement soit reconduit en 2020. Il a permis d’attirer des visiteurs dans la forêt du Banco et de leur faire prendre conscience de son importance pour l’environnement. Compte tenu des menaces qui pèsent sur le parc, des initiatives de ce genre sont vraiment les bienvenues.

 

A mon tour, je vous encourage vivement à aller régulièrement vous balader dans la forêt du Banco, à pied ou à vélo. Votre contribution permettra de soutenir les actions de l’OIPR, d’aider les villageois du parc et de protéger cet écosystème menacé. 

 

 

 

INFORMATIONS PRATIQUES

  • L’entrée du parc se situe sur l’autoroute nord, juste après le premier pont de Yopougon et avant la station d’essence Shell. Attention, ce n’est pas super bien indiqué et il n’y a pas de vraie sortie d’autoroute. Vous devez serrer à droite et freiner sur l’autoroute pour emprunter le chemin à droite.
  • Il existe une autre entrée du côté des « fanicos » nigériens (les laveurs de vêtements). Une clôture et un portail seraient en projet.
  • Le tarif d’entrée est de 1000 FCFA pour les nationaux, 5000 FCFA pour les non nationaux et 500 FCFA pour les enfants.
  • Des guides sont présents sur place. Tarif à votre discrétion. 
  • Une fois que vous avez payé, vous reprenez votre voiture pour vous rendre au point de départ des randonnées.
  • A cet endroit, il y a des jeux pour enfants (toboggan et balançoires) ainsi que des petites structures naturelles pour s’assoir. Idéal pour pique-niquer !

 

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Forêt du Banco Pinterest

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21 janvier 2020 / by / in , , ,
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